journal intime ????

Samedi 9 août 2008
Il a dit qu'il fallait accepter la douleur, alors je lui ai dit que je ne pouvais pas, parce qu'elle ne semblait pas être la mienne, elle surgissait de nulle part et sans raison pour ma part, l'accepter a t il répété.
J'ai beau l'écouter, j'ai beau avoir accepté et avoir fini ma journée dans un "au secours", c'est une angoisse qui reste.
Quand ça cogne comme ça, je ne m'embarrasse jamais, quand ça cogne comme ça, ça porte un nom, toujours, ou une image toujours, soit la personne qui porte le nom appelle au milieu, soit simplement, j'y vais ou j'appelle.
Alors je peux simplement comprendre, parfois soulager mais au moins comprendre pour me soulager moi.
Oui, c'est de l'égo, quand une douleur vous accapare et qu'elle ne vous appartient pas, vous ne pouvez que la soulager, ou vivre avec, si elle perdure, cela signifie simplement que la personne à qui elle appartient continue à souffrir, comment il veut que j'accepte ça ? C'est impossible.

Pourquoi tu as cogné comme ça ? Qu'est-ce qui se passe ? Je n'ai pas le droit de venir, je n'ai pas le droit de t'appeler, qu'est-il arrivé ?
Par ganja
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Vendredi 23 mai 2008


Un pistil tuméfié encore tout étourdi
De sa fougueuse plongée au succulent nectar
Passiflore
arrachée de son pied
Quand bien même passionnée
Est devenue stérile
Et les amants s'endorment, néanmoins rassasiés
De l'union infertile

Hola, hola, bien chers passants,
Ne soyez pas voyeurs de l'impudique printemps
Eloignez de cette scène vos regards indécents
Promenez vous dans les champs
De plus haut de  plus loin, regardez comme l'enfant
Qui a vu dans la fleur l'amitié au présent
Seul un regard porté à l'exacte distance
Rend à cette fleur-soleil sa lumineuse puissance

Amitié déposée d'une main innocente
Une petite Amandine pas même adolescente
Ptite rose sans épine, petite fleur insouciante
Elle déposa la fleur dans le plus grand secret
Un Madame je vous aime que je ne découvrais
D'un sourire tout ému que lorsque je m'en allais

Je vous présente, chers passants, la fleur de l'amitié
Lumière à déguster, surtout sans modération
Passiflore elle s'appelle
La fleur de la passion.

Merci Amandine

Par ganja
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Dimanche 27 avril 2008
C'est maintenant qu'il faudrait des vacances, des milliers d'heures de sommeil en retard...

Une belle histoire de là-haut
Un violon au grenier au milieu des souvenirs des uns et des autres (entre autre un l'ile au trésor d'il y a une bonne cinquantaine d'années qui survivra encore une génération, peut-être deux, l'écriture enfantine sur la page de garde fait sourire, son propriétaire n'a plus un cheveu noir sur le caillou :-) ), un violon aujourd'hui en piteux état dans une belle boite en bois tout noir. Etrange que personne n'ai t songé à le retaper, il fait un peu pitié....
Il appartenait à une famille de bohémiens, ceux qui vivaient à une dizaine de bornes de là, régulièrement la femme partait marcher et marcher encore en frappant aux portes, elle proposait des petites choses en échange d'un peu d'argent, une fois des vêtements, une fois des petits objets qu'elle fabriquait elle même, elle passait à intervalles réguliers, on lui ouvrait la porte dans cette maison alors elle y revenait. Elle portait le même prénom que la maitresse de maison, peut-être un signe ;-) Parfois elle demandait une cigarette, elle la fumait doucement, en en saviourant chaque bouffée et en maintenant chaque fois qu'elle ne devrait pas, mais qu'elle aimait tellement ça....
Un jour qu'elle avait grand besoin d'argent, elle vint avec le violon, on prit le violon, elle repartit avec de quoi nourrir la famille. Elle n'est plus revenue après, alors je me suis demandée : est-ce qu ce violon était la dernière chose qu'elle avait à proposer, ou est-ce qu'elle n'avait plus eu besoin de faire l etour des maisons ? Mais personne n'a su me répondre. Je n'ai pas trop osé demandé pourquoi le jour du violon on n'avait pas tenté de la dissuader de le laisser là... Peut-être l'avait-on fait, mais personne n'avait la mémoire de ce détail précis, dommage.
Ce violon est toujours là, je me disais qu'on pourrait peut-être le refaire et l'offrir au fils de cette femme, elle serait heureuse aujourd'hui de voir ce qu'il est devenu, peut-être serait il heureux de recevoir ce violon.
Une idée qui ne me quitte pas depuis que j'ai retrouvé le violon dans le grenier.

C'est bizarre, elle n'a pas oublié cette histoire, et quand on la replonge dans le lointain, il lui reste encore des souvenirs, pourtant en quinze jours, pas une fois elle n'a su qui j'étais, hormis celle qui a l'air gentille, qui ne semble pas représenter de danger et qui se promène volontier mater les paquerettes et qui entend les me^mes tourterelles qu'elle.
Lui restait l'histoire du violon, je l'ai prise....



Par ganja
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Mardi 15 avril 2008
Plus que mauvais, un film glauque, des mélanges incessants de sentiments contradictoires, de motivations malsaines, d'actions sur papier que l'on brandira plus tard pour affirmer qu'on était là qu'on a fait qulque chose, qu'on ne l'a pas abandonnée.
J'ai débarqué là dedans en oubliant que nous ne serions pas seules, je les croise tous les dix ans, ils n'étaient jamais là, ils ne se préoccupaient que très rarement de ce qui était important pour elle, aujourd'hui, ils gèrent lelur nouvelle entreprise : sa dépendance. Bizarrement, sa dépendance ne semble pas signifier accompagnement et partage, non, ça semble signifier main mise sur les affaires courantes, ça semble signifier gestion de patrimoine, préservation de la valeur financière des lieux, peut-être pourrait on y voir également prise de conscience de l'abandon passé de l'ensemble de ce patrimoine, à savoir son histoire, ses traditions, sa culture, peut-être cherche t on simplement à rattraper ce passé dont elle était la gardienne, elle le vivait, il était préservé, s'il s'enfuit d'elle on le perd, vite vite, le rattraper, alors coment on fait ? Ah oui, qu'est-ce qu'elle faisait ? Elle s'occupait du verger, vite vite, faudrait traiter les arbres dans la semaine, alors en quoi ça consiste ? On m'a dit qu'il faut mettre tel produit à telle période de l'année ? Allez, hop, planifions, planifions.
Elle les regardait les arbres, simplement, une branche morte au milieu d'un bouquet de bourgeons était simplement éliminé, tout au long de l'année, juste un soin jour après jour pour un verger qui ne représentait aucune autre valeur que celle d'une nature vivante, sa foi en dieu la rendait reconnaissante de toute vie, elle en prenait simplement soin, et sa nature le lui rendit au centuple, comme il était écrit, simplement, elle était payée en quintaux de fruits, elle mettait tout son coeur à les transformer en confitures, en liqueurs, en huile, en compotes, en conserves, simplement, elle vivait le verger.
Ils ne le vivent pas, non, chacun de son bureau de la ville se dit juste qu'il faut s'en occuper, se demande ce qu'il faut acheter, aucun ne s'y promène pour sa visite hebdomadaire, personne ne lui prend le bras pour aller en faire le tour et regarder chaque arbre, non, on s'en tape, la avisite hebdomadaire consiste à rester assis pendant des heures à table, à planifier sans savoir la suite des évènements. Ils tentent de savoir théoriqument ce qu'il y a à faire, elle écoute, de loin, comment ils se mettent d'accord, petit à petit ses yeux s'éteignent, ils parlent de ce qu'elle aime sans le moindre amour, ils prennent les rênes sans lui demander son avis, ils choisissent son menu, se mettent à ses fourneaux, font la vaisselle dans son évier, font des faux sourires et l'appellent à table en prétendant avoir préparé un repas de fête et qu'elle est invitée. Si par hasard elle se propose pour faire quelque chose dans Sa cuisine, on lui dit alors d'une fasse bienveillance qu'elle n'a a s'occuper de rien, qu'on fera tout pour elle.

Mon dieu, bande de crétins, vous ne voyez pas qu'elle n'est pas dupe ? C'est un bout de mémoire qu'elle a perdu, et c'est tout le reste que vous lui enlevez. Vous vous comportez chez elle comme si elle n'existait pas, ou comme si elle était de trop, vous parlez d'elle en chuchotant en cachette, comme si elle était une maladie honteuse, vous lui mentez pour lui faire passer ce qui vous arrange, vous ne regardez jamais qui elle est en réalité, ce qu'elle aime, ou ce qui est absolument contraire à tout ce qui fait son identité, vous êtes incroyables.
Elle n'a pourtant pas changé, vous ne le voyez pas ?

On se croirait dans un mauvais film.

Ils sont partis dimanche soir, elle a commencé à se calmer et à reprendre ses marques dans sa maison. Certes elle ne sait pas où on range la planche à découper, mais elle prend plaisir à l'essuyer, certes elle pourrait se brûler avec sa cuisinière à bois, elle pourrait, on peut aussi se contenter de regarder de loin ce qu'elle y fait et rester prêt à intervenir. Certes elle ne bêche plus  le potager, mais elle s'y promène volontier et prévoit encore de le désherber quand la pluie aura cessé, et d'y planter des patates, simplement, et elle est alors intarrissable sur le bonheur que c'est de découvrir doucement la récolte du bout de l bêche, par peits coups bien dosés, un peu comme l'archéologue découvre les vestiges d'un coup de pinceau délicat, elle s'y revoit, elle s'en souvient, elle garde au coeur l'espoir de recommencer cet été. Encore faut il lui laisser y penser, encore faut il simplement savoir lui prendre la main et l'accompagner.
Quand elle a trop lourd, elle reste devant la fenêtre et regarde simplement les pâquerettes devant, elle m'a confié en rigolant, qu'elle leur parlait parfois, qu'à les voir pousser si vite et à lui offrir tellement de joie, elle éprouvait une telle reconnaissance qu'elle ne pouvait s'empêcher de leur dire merci ;-) C'est bête, je sais, ajoute t elle... Tout aussi bêtement, je n'ai pu m'emp^cher de suggérer que puisque le lendemain elles se seraient multipliées, c'était qu'elles avaient peut-être entendu...

Merde, j'ai mal ce soir.
Cet endroit a été comme massacré, elle était la richesse de cet endroit, et on dirait qu'on se contente de la gérer elle juste de façon à ce qu'elle ne dérange pas puisqu'elle n'y finira surement pas. On prend ses murs et on les rentabilise, et on s'occupe de ses paperasses et de ses rendez-vous chez les différents médecins. Sans pour autant se dire que la façon la plus simple de soulager ses douleurs, c'est quand me^me de l'emmener voir le praticien le plus proche au plus vite, non, elle est devenue une entreprise à gérer, ils doivent entre actionnaire arriver au consensus avant toute prise de décision, tant que tous les devis ne sont pas demandés dans tous les coins où ils habitent tous, on ne l'emmènera voir personne.

Au secours.

Au secours

Au secours

Au secours

Elle ne chante plus en passant à table, mais elle dit qu'elle prie encore de temps en temps, mais elle dit en riant que parfois elle oublie.

A mis son repère près de son lit, cette image, on n'oublie pas les choses importantes, elle sait encore que c'est Dürer qui les a dessinées, elles ont guidé toute sa vie, ça c'est resté, mais les autres ont oublié, ou n'ont jamais su, au choix...


Par ganja
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Samedi 12 avril 2008
On part tout à l'heure pour une quinzaine.
Un voyage lumineux vers une personne lumineuse.
Si ce blog ne s'arrête pas pendant cette quinzaine, il deviendra le journal de bord d'un voyage au coeur d'un coeur qui m'a toujours paru le plus simple et le plus généreux de tous ceux que j'ai croisés jusqu'à présent et qui est aujourd'hui libéré de toutes les contraintes de la raison.

bon week end et à bientôt.

Par ganja
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