Samedi 14 février 2009



























Je t'aime. :-) et reste subjuguée de le reconstater chaque jour à chaque instant, joyeuse St Valentin à toi aussi... :-)

Sur les images de la libération de Nelson Mandela, le lecteur citait ces mots d'Aimé Césaire
"C'est d'elle, c'est d'elle-même que l'Afrique a faim. C'est pourquoi je ne me veux ni Messie, ni Mahdi, je n'ai pour arme que ma parole, je parle et j'éveille, je ne suis pas redresseur de torts, pas faiseur de miracles, mais je suis un redresseur de vies, je parle et je rends l'Afrique à elle-même, je parle et je rends l'Afrique au monde, je parle et, attaquant à leur base oppression et servitude, je rends possible, pour la première fois possible, la fraternité"

Les préparatifs St Valentiesques avaient déjà commencé, il fallait déjà offrir le dernier pixlcd à écran tactile pour aimer comme un bon citoyen branché... et je trouvais que 11 février, 14 février, c'est pas si éloigné, que Aimé et aimer, c'est pas si lointain, que liberté et amour sont plus proches qu'ils ne le paraissent à priori, et de circonvolutions en sauts de neurones, de coeur gonflé en battements de Vie, le jour où j'ai lu ça, j'en arrivais facilement à la conclusion que on devrait déplacer la St Valentin au 11 Février, révolutionner le spam qui va avec, remplacer chaque pub à portable à bijou à DVD, et Nagui aussi (je dis ça parce que j'ai voulu regarder la télé ce matin, comme ça pour voir, et c'est Nagui qui m'a sauté à la tronche d'un tonitruant "joyeuse St Valentin" directement suivi d'un hurlement de la foule présente "ouaaaaaaaaaaaaaiiiiis !!!!!!!!!!!!!!!", ouao, ça réveille, on m'y prendra plus, si c'est ça le réveil des foules sur le Service Public, faut pas s'étonner qu'on puisse envisager la promenade du dimanche en famille en déambulations bucoliques et coûteuses au centre Auchan le plus proche comme un réel bonheur sans qu'un doute s'installe un peu, comme ça, en passant...), remplacer tout ça donc par quelques paroles porteuses d'amour et d'espoir, un joyeux St Valentin qui aurait un sens, le 11 février 1990, on libérait Nelson Mandela, et fuck, moi je m'en souviens comme d'un élan d'une énergie et d'un espoir et d'une force qu'on imaginerait jamais qu'elle puisse s'éteindre un jour, jamais. That was pure LOVE, man !!!! :-)

Donc ce jour là je me disais que c'était ça la St Valentin, ces images de la libération de Nelson Mandela sur ces paroles d'Aimé Cesaire. C'était vers le début du mois, pis le temps a passé, pis j'ai failli oublier, pis Nagui me l'a rappelé, j'ai éteint la télé, je me suis souvenu de ça, et j'ai mis la musique Clic ici alors ça fait l'ensemble ;-) joyeuse St Valentin tout le monde. :-)


Et aujourd'hui, c'est en dansant sur la tendresse que je vous souhaite le plus pêchu, le plus lumineux le plus simple des St Valentin. Aimez, aimez, aimez aimez Aimez AImez AIMez AIMEZ ENCORE AIMEZ TOUJOURS
Joyeux anniversaire Nelson, joyeux anniversaire Aimé, joyeux anniversaire Valentin.


à propos de la photo
La mangrove, forêt mi-terrestre mi-aquatique, se développe sur les sols vaseux tropicaux exposés aux alternances de marées. Constituée de diverses plantes halophytes (capables de vivre sur les sols salés), avec une prédominance de palétuviers, elle tapisse près d’un quart des côtes tropicales et couvre 170 000 km2 à travers le monde.
Cette superficie ne représenterait que la moitié de son étendue originelle, ce milieu fragile reculant continuellement devant la surexploitation des ressources, l’expansion agricole et urbaine, et la pollution. La mangrove reste pourtant indispensable à la faune marine et à l’équilibre du littoral, autant qu’à l’économie locale. La Nouvelle-Calédonie, ensemble d’îles du Pacifique qui couvre 18 575 km2, compte 200 km2 d’une mangrove assez basse (8 m à 10 m) mais très dense, principalement sur la côte ouest de l’île la plus importante, Grande-Terre.
À l’intérieur des terres, là où l’eau marine ne pénètre qu’au moment des grandes marées, la végétation cède parfois la place à des étendues nues et sursalées appelées tannes, comme près de la ville de Voh où la nature a dessiné cette clairière en forme de cœur.

Vers FuturaSciences clic ;-)
Par ganja - Publié dans : du coeur
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Mercredi 28 janvier 2009
Pleure pas Norah, il paraît que c'est normal, y a les pauvres, et y a les autres.
Aujourd'hui t'es pauvre, ben tu fais comme tout le monde, tu n'as plus de passé, plus de présent, plus de cervelle, plus de coeur, plus rien, et surtout plus de convictions, plus de religion, rien, pis cette putain de viande, tu vas l'accepter sans broncher, si déjà on te la donne, comment ça elle est pas conforme, comment ça tu as demandé humblement du poisson ? rien à foutre, tu devrais avoir honte, bouffe la la viande, le monde, il tourne comme ça, y a les pauvres, pis y a les autres.
Aujourd'hui t'es pauvre, ta gueule !!!!!
Admire Carla, achète un joli portable, tant que t'es pas en haillons, t'as encore une chance d'être regardée comme une simple gonzesse. Et s'il te reste la rage, va gueuler demain avec les autres. S'ils t'ont mise à genoux... ben démerde toi, t'es du mauvais côté, t'es surement coupable de quelque chose.

Est-ce que quand tout ça sera dénoncé hurlé, rejeté, débattu, Norah elle aura le droit d'être pauvre ET musulmane ?
Question reste ouverte, dites moi que la réponse c'est oui.

Humour
On ne dit pas un canif mais un petit fien.
Ouaf
Par ganja - Publié dans : en vrac
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Lundi 26 janvier 2009
Le jus est revenu, merci les gars qui y ont passé le week-end et qui y sont encore, je vous ai vus sur le bord de la route, tout à l'heure, y a du boulot...
Tempête calmée, allumer une radio
- pourquoi faire ? demande le gamin
- t'as vu ce qu'on vient de se prendre dans la tronche bonhomme ????? Ailleurs c'était bien pire encore, jveux bien savoir dans quel état est le pays

Sud radio et France culture, rien d'autre sur les ondes. France Culture : pièce radiophonique sur les vers, les vers à soie, les vers de terre, les vers... Ok, à Paris ils sont vivants.
Sud radio avait ouvert l'antenne aux auditeurs toute la journée, ils appelaient, je me demandais d'où ils sortaient des téléphones, je me demandais d'où leur venait l'idée d'appeler Sud radio, mais ils appelaient, y en a qui étaient drôles, comme ce réac qui ralait comme un putois, faut réquisitionner les chômeurs, comme à la guerre, l'état a des liste, tous ces inactifs qui foutent rien de leur journée et qui s'ennuient, faut réquisitionner !!!! Faut les foutre au boulot !!!! Yep, mec, je me vois bien en haut du pilône pour te remettre le jus, j'ai toutes les qualifications requises pour te faire exploser la maison ! Et demain, je vais siphonner la rivière, stu veux...L'auditrice suivante l'appelait au calme, son mari était dehors depuis 6 heures le matin, elle le reverrait pas de la nuit et ptêt pas de tout le dimanche, elle adressait pour lui un "au lieu de parler, retrousse tes manches, soyons solidaires, pas réactionnaires", c'était du plus haut comique. Le gamin et moi n'étions qualifiés que pour débiter ensemble à la scie un pin et pour nettoyer  la rue, on l'a fait, quand le voisin sortira sa tronçonneuse pour virer toute l'allée de cèdres abattus, on y sera aussi. Faut réquisitionner, comme en temps de guerre.... Sud radio comme un radio Londres, certains avaient vu la fin du monde, ils avaient vu la fin du monde en 99 et avec 2009, c'était fini, ils resteraient traumatisés à vie. Ils avaient la voix terrorisée, panique totale. Sud radio comme un radio Londres qui entre ceux qui appelaient au calme et le présentateur qui appelait à la tolérance avec patience redonnait l'espoir et la chaleur à ceux que les bougies ne suffisait pas à réchauffer.
EDF s'en prenait plein la tête, leur expliquer que cool, vous êtes un million sept cent mille dans le noir, c'est pas grave si vous avez encore votre toit et que vous êtes pas blessés, pis vous avez encore un téléphone.
Sourire à un auditeur-chasseur qui poussa un coup de gueule sur une poignée de chasseurs imbéciles qui étaient sortis la nuit et qui étaient restés bloqués au matin et avaient dû appeler les pompiers...
Sourire à cette auditrice qui du bout de ses bougies envoyait une grosse pensée à ceux auxquels on coupait le jus pour délit de pauvreté....
Ils étaient vivants, c'est tout ce que je voulais savoir.
Sud radio comme un radio Londres. L'alerte rouge... on se calfeutre, on sort pas, on a prévu des bougies, de l'eau, et on attend que ça passe en sachant que la nature, c'est Grand, quand c'est fini, on sort et on va voir où ils en sont tous.
Au moins on a la chance d'avoir des gens qui étudient les courants d'air et qui peuvent dire à peu près quand vient la fin. A radio Gaza, y a personne qui peut comprendre suffisamment l'origine du vent des bombes pour dire aux gens "demain, vous pouvez ressortir et essayer de vivre" quand elles se mettent pleuvoir.

Pour certains, c'est la cata totale, et la pluie par là dessus n'arrangera rien, mais les élans de solidarité entamés vont durer des semaines, voire des mois, l'urgence passée, ils laisseront du réconfort dans les mémoires.
Une grosse pensée aux sinistrés, un grand merci aux équipes de tous poils qui ont pas arrêté de tout le week end et qui y sont encore.
Avant d'aller couper du noyer, j'étais juste venue prendre mes mails avant que ça repète, et j'ai découvert alors que cette tempête, ils l'avaient appelé Klaus.

La première chose qu'évoque ce nom de Klaus pour moi, ce sont ces deux témoignages qui suivent.
La mère, nom de jeune fille Klaus, et le deuxième, celui de son fils.
Témoignage d'une des filles sur le mari en troisième partie.
Sud radio comme un radio Londres... Klaus, comme une vieille photo...


Premier témoignage, Jeanne née Klaus

"Ma vie

Je suis née à Strasbourg le 29.12.06 dans une famille de trois enfants, mais j'ai été élevée par un oncle et une tante, sœur de ma mère, qui eux, n'avaient pas d'enfants. Etant élevée ainsi comme enfant unique, j'ai été choyée, pour ne pas dire gâtée, et j'ai eu une enfance heureuse.
J'ai grandi dans une famille protestante, j'ai fréquenté l'Ecole du Dimanche et le catéchisme, mais je n'ai jamais cherché Dieu. J'avais hâte d'être confirmée, pour en avoir fini avec tout cela. Toutefois, si moi je n'ai jamais cherché Dieu, Lui m'a trouvée, je ne sais comment, peut-être grâce aux prières de mon pasteur. En tout cas, lorsqu'à la confirmation, on nous a posé la question « Aimez vous Jésus et voulez vous le servir fidèlement ? » j'ai répondu par un « oui » ferme. Ce n'était pas ce que je comprends aujourd'hui par « conversion », je n'ai pas eu une grande conviction de péché (ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai compris le sens de « conversion » et de « nouvelle naissance », termes que je ne connaissais d'ailleurs pas) mais c'était un « oui » sérieux et sincère, qui m'a engagée pour toute la vie.
Après ma scolarité, j'ai travaillé pendant 8 ans comme sténodactylo.
Début 1927, j'ai fait la connaissance de mon fiancé, marin de carrière, mais en permission assez longue à Strasbourg. Aussitôt après cette permission, il devait partir pour une tournée de campagne dans le Pacifique ; cette campagne a duré 2 ½ ans. Mon fiancé est revenu en juillet 1929 et en octobre nous nous sommes mariés. Nous nous sommes mariés à Strasbourg, mais le lendemain, nous sommes partis pour Toulon.
Quelques mois plus tard, mon mari devait partir pour le « centenaire de l'Algérie », française à ce moment-là. J'attendais mon premier enfant et pour que je ne sois pas seule au moment de l'accouchement, il préférait que je retourne dans ma famille. C'est ainsi que notre aîné Paul est né à Strasbourg le 03.09.1930. Mon mari était revenu la veille.
Peu de temps après, nous sommes retournés à Toulon, où nous sommes restés deux ans et où notre fille Guite est née le 14.01.32.
En 1933, nous avons été mutés à Grasse. Notre Jeannot y est né le 09.04.34.
Nous habitions à Ain-el-Turck, un petit patelin à quelques km d'Oran et avions de très bonnes relations avec les habitants.
En 1935 l'engagement de mon mari dans la marine était terminé et nous sommes rentrés à Strasbourg. Le 8 avril 39, Pierrot est né. Jusque là tout allait bien, puis ce fut la guerre. Mon mari avait déjà été mobilisé le 1er septembre et le 3 septembre, tout Strasbourg a été évacuée. J'ai dû partir comme tout le monde, je suis partie seule avec quatre enfants. Pour l'aîné c'était le jour de es neuf ans, le plus jeune avait cinq mois.
Une partie des réfugiés fut d'abord hébergée dans un petit village des Vosges près d'Epinal, puis ce fut le départ vers Périgueux. La plupart des personnes étaient embarquées dans des wagons à bestiaux ; moi, j'ai eu la faveur d'être mise dans un wagon de voyageurs, réservé en principe à des malades. « Pour que vous ayez au moins un peu de lumière pour faire le biberon du petit » m'a-t-on dit. Nous avons mis quarante heures pour arriver à Périgueux, parce que noter train était souvent mis sur une voix de garage pour laisser passer les convois militaires. A périgueux, un certain nombre de personnes, sans doute celles qui étaient dans les wagons de voyageurs, furent logés pour quelques jours à l'Ecole Normale, avant d'être dirigés vers d'autres localités. Les autres ont directement continué le voyage.
Pour ma part, sachant que mon mari avait été mobilisé quelque part sur le littoral méditerranéen, puisqu'il était marin, j'avais décidé de rejoindre Toulon, où habitaient les premiers beaux-parents de mon mari que j'avais connus quand nous avions nous-même habité Toulon. Quand j'ai demandé l'autorisation de quitter les départements d'accueil, on m'a répondu : « Vous pouvez aller jusqu'en Amérique, si vous avez assez de sous. »
Nous voilà en route pour Toulon, à mes frais évidemment. Le voyage fut long et pénible ; nous avons encore mis quarante heures et avons dû 4 fois changer de train. Je dois cependant dire que partout, dans les gares ou dans le train, j'ai trouvé des personnes compatissantes qui avaient pitié du pauvre bout de femme avec ses quatre enfants et qui m'ont rendu service d'une manière ou d'une autre.
Je pense par exemple à ces soldats qui étaient dans le même compartiment que nous et qui nous ont donné à manger et à boire. Sortis des départements d'accueil, nous n'étions plus ravitaillés et les quelques provisions que j'avais pu emporter n'auraient pas suffi pour un si long voyage. Ils nous ont aussi aidé à changer de train. Ce n'était pas facile : les enfants, un bébé dans un bras, une valise de l'autre main... Et il y avait foule sur les quais.
A Toulon, nous avons été accueillis par les beaux-parents de mon mari. Quel amour fallait-il à ce vieux couple pour recevoir dans leur maison avec 4 enfants celle qui, un jour, avait remplacé leur fille morte pendant la grossesse. Ils ont même permis aux enfants de les appeler « pépé » et « mémé » !
Ce sont des souvenirs qu'on n'oublie pas, même s'ils datent de plus d'un demi-siècle.
C'est à Toulon que j'ai appris que mon mari était à Nice, comme chef de la station radio au Mont Baron, mais il fallait attendre plusieurs semaines pour avoir l'autorisation de le rejoindre.
Nous sommes restés quatre ans à Nice et nos deux derniers enfants y sont nés, Suzy en 1941 et Jacky en 1943.
En 1943/44 Nice, bien qu'en « zone libre », était occupée par les Italiens d'abord, par les Allemands ensuite, et mon mari, démobilisé, fut nommé dans l'administration à Grasse. Nous avons habité en dehors de Grasse, dans une grande villa qui appartenait à un écrivain anglais, mais était inoccupée, par suite de la guerre (E. Hemingway).
En février 1945, mon mari fut rappelé à Strasbourg, libérée, mais toujours considérée comme « zone des armées » et nous n'avons pas eu le droit d'y retourner. Je suis donc restée seule à Grasse avec 6 enfants de 14 ans à 18 mois.
Les trois derniers ont eu la coqueluche, et moi aussi. C'est là que j'ai fait ma plus belle expérience avec le Seigneur. J'en ai fait beaucoup d'autres depuis, mais c'est celle-là qui m'a le plus marquée.
J'avais prié pendant un certain temps pour trouver quelqu'un qui puisse m'aider, sans trouver quelqu'un. Un matin, quand je priais encore, j'ai entendu distinctement derrière moi une voix qui me disait : « Ma grâce te suffit. Va avec la force que tu as ». Je n'avais vraiment pas beaucoup de force à ce moment-là. Etant sous-alimentée (nous avions droit à 90 gr de viande et 90 gr de matières grasses par mois), je ne pesais plus que 38 kilos et j'étais malade en plus. Pourtant, il ne m'a pas dit : « va avec la force que je te donnerai », mais bien « avec la force que tu as ». Ce n'est que quatre mois plus tard que mon mari a pu venir nous chercher mais Sa Grâce m'a suffi.
De retour à Strasbourg, nous avons habité pendant 16 ans à la Cité Ungemach, cité de maisons mono famille avec jardin, où les enfants ont pu grandir et s'épanouir dans un cadre et une ambiance agréable. Peu à peu, l'un après l'autre, les aînés se sont mariés. Suzy ne s'est mariée que quelques années plus tard.
En 1961, nous avons déménagé pour la rue J-J Rousseau, où j'habite toujours. Pendant ces trente années, les épreuves n'ont pas manqué, mais le Seigneur m'a merveilleusement soutenue et entourée de son amour, de sorte que je n'en suis pas restée marquée. Au contraire, ces épreuves m'ont rapprochée de Lui.
Il y avait d'abord le gros problème de Jacky, qui a duré pendant de longues années - je n'entrerai pas dans les détails - (alcoolisme à haut degré. Ndlr). En 1978, notre aîné Paul est mort des suites d'un accident de voiture. Il avait 48 ans. A cette époque aussi la santé de mon mari a commencé à se détériorer. En plus, en 1981, il a dû être amputé d'une jambe. Comme je n'aurais pas pu le soigner à la maison, il est resté hospitalisé pendant huit mois, d'abord à l'hôpital civil, puis à Schutzenberger, puis en long séjour à la maison de retraite St Joseph. Il s'est éteint doucement le 21/01/82.
Jacky habitait toujours avec moi. En novembre 1986, un jeudi, il a fait une attaque cérébrale avec hémiplégie. Il est décédé le dimanche, il avait 43 ans.
J'ai la certitude que le Seigneur l'a encore trouvé dans ses dernières heures. Quand je l'ai vu sur son lit de mort, j'ai ressenti une si grande paix que je ne me suis jamais demandé : « comment est-il mort ? », tout en sachant qu'il avait vécu loin de Dieu. Je n'ai pu que dire « merci Seigneur ».
Je vis donc seule depuis 5 ans, mais je ne souffre pas de la solitude. Le Seigneur me fait chaque jour si bien réaliser Sa présence et Son amour que je ne me sens pas seule. Il m'a, en plus, donné l'affection de beaucoup de frères et sœurs de l'Eglise. Il m'a aussi laissé une santé relativement bonne pour mon âge et ce malgré mon infarctus de l'année dernière, dont je me suis assez bien remise.
Je ne sais ce que l'avenir me réserve, mais j'ai la certitude que Sa grâce me suffira jusqu'au bout. Ainsi, je suis reconnaissante pour chaque jour qu'Il me donne encore, et j'en jouis, mais je n'appréhende pas la mort. Je peux l'envisager avec sérénité, parce que j'ai mis toute ma confiance en Jésus, mort pour mes péchés et ressuscité pour ma justification. Je sais qu'un jour j'irai près de Lui et je Le verrai face à face. A Lui seul soit la gloire.

Jeanne Hauswald - née Klaus - février 1992

PS : j'ajouterai encore que ma famille s'est considérablement agrandie. J'ai actuellement 15 petits enfants et 14 arrière-petits-enfants. S'il reste vrai, selon Psaume 127/3, que les enfants sont une bénédiction, j'ai vraiment été bénie !"


Deuxième témoignege : son fils Paul

"Nous étions assis sur la terrasse. En Alsace. Notre province est très belle, mais il faut bien convenir que sa situation et son ciel nuageux n'incitent guère à la comparaison avec la Provence.
Pourtant, à l'ombre des touffes mauves avec des buddleïas, dans lesquelles une myriade de papillons venaient chercher sa provende, il était facile d'imaginer ce qu'avait été pour nous ce pays de soleil et de ciel bleu.
Je ne sais au juste pourquoi nous avions fini par évoquer l'exode de 39, mais présentement ma mère, la tasse de café à la main, parlait avec émotion de cette période qui l'avait profondément marquée.
Notre mère est petite, plus petite que tous ses enfants. Une de ces grand'mères, menue, fragile, les cheveux ramassés de façon austère en un chignon serré, comme ces vieilles protestantes que l'on reconnaît le dimanche à la sortie du temple. Ses yeux sont clairs, presque gris, illuminés d'une spiritualité intense.
J'y suis ! Elle nous parlait du réconfort et du secours qu'elle avait reçus dans les moments d'adversité. Un secours discret et plein de tendresse qui venait de gens qu'elle rencontrait pour la première fois.
Le 3 septembre 39 - jour de l'anniversaire de mes 9 ans - nous quittions Strasbourg. La ville était déserte. Quelques gardes circulaient dans les rues pour abattre les chiens errants. Mon père nous avait quittés la veille, mobilisé. Ancien marin, il avait revêtu son uniforme bleu marine qui nous inspirait tant de fierté, et nous disait être appelé « quelque part sur la Côte d'Azur ».
Les évacués étaient rassemblés à Koenigshoffen, une sorte de gare de triage. Les personnes à évacuer étaient si nombreuses qu'il avait fallu recourir à des trains de marchandise. Le spectacle devait être désolant. Des familles entières trébuchaient sur des valises et des colis.

Je ne m'en souviens pas, mais je comprends ce qu'avait pu ressentir notre petite mère avec ses quatre marmots, n'ayant pas suffisamment de mains pour traîner le peu de linge et de vivres qu'elle avait jetés en hâte dans la valise tout en portant dans ses bras le dernier né de 5 mois. J'étais l'aîné ! Marguerite avait 7 ans, Jeannot en avait 5 et, comme dit, Pierrot avait à peine 5 mois.
Nous partîmes à la tombée de la nuit, couchés dans la paille fraîche d'un fourgon. La lourde porte coulissante était ouverte, car nous étions nombreux dans notre réduit. Le train s'arrêta de l'autre côté des Vosges - dans le département du même nom - peu avant St Dié. A Provenchères sur Fave.
La longue file des réfugiés fut répartie dans les familles de l'endroit. Dans sa vieille guimbarde, l'adjoint au maire nous conduisit dans un hameau nommé Lusse, au lieu dit « Trois Maisons », où de braves fermiers du nom de Maurice nous accueillirent. Il était exclu de coucher dans des lits. Dans la grange, du foin bien sec avait été éparpillé, et c'est là que nous avons passé notre première nuit, sans quitter nos vêtements.

Nous avons passé quelques jours au hameau. Je me souviens vaguement d'un petit ruisseau, dans lequel Jeannot avait failli se noyer, ainsi que des enfants des fermes d'alentour qui jouaient avec insouciance.
Le jour du départ était venu. En gare de Provenchères le flot des réfugiés regagnait le convoi. L'adjoint au maire avait permis que ma mère montât dans un wagon de voyageurs « pour qu'elle puisse au moins avoir un peu de lumière (bleue) pour pouvoir faire le biberon du petit la nuit ». En effet, dans les wagons de marchandises il n'y avait aucune lumière (à moins que quelques uns des réfugiés aient eu la bonne idée d'emporter une lampe de poche.
Cet adjoint se démenait sur le quai ; il avait reçu des autorités une allocation de vivres pour distribuer aux évacués. Il avait réparti le pain, puis les tablettes de chocolat. Pendant un moment il longeait le train en criant : « Lusse ! Lusse !». Il devait chercher un groupe qui avait été hébergé dans cette localité. Ma mère était loin de supposer que c'était nous qu'il cherchait. Elle avait tout de même mis sa tête à la fenêtre. Un sourire illumina le visage de l'adjoint. Il lui restait quelque tablette de chocolat et c'est à notre petite mère avec ses 4 gosses qu'il avait voulu les offrir. Il lui souhaita bon courage. Ma mère balbutia quelques mots de remerciement ; elle avait les larmes aux yeux.
Le convoi a certainement traversé la France en diagonale, pendant que nous, les enfants devions dormir comme des souches. Combien de temps avait-il roulé, je ne saurais le dire. Je me souviens simplement des langes de Pierrot, que les compagnons du compartiment tenaient à bout de ras par la fenêtre, les laissant flotter pour les faire sécher. Ma mère les avait rincés au lavabo du train, et lorsqu'on les rentrait, ils étaient bien séchés, mais tout noircis par la fumée du train.
Notre convoi fut mis plusieurs fois sur des voix de garage, pour laisser passer des convois militaires. Finalement, après 40 heures de voyage, nous arrivions à Périgueux. Périgueux avec sa cathédrale St Front et ses dômes semblables à une colonie de champignons de couche. Là, les choses se compliquèrent pour les réfugiés...
Pour nous, il n'y eut guère de problèmes. Nous étions logés, avec beaucoup d'autres, à l'école normale. L'économe était très gentil et nous invitait plusieurs fois à prendre le thé. Ma mère suscitait une certaine admiration. Elle parlait un français châtié et, malgré nos mines fatiguées, nous avions l'air d'enfants sages et bien élevés. Cette marque de sollicitude réconfortait maman.
Il n'en était pas de même pour les autres évacués, des femmes pour la plupart, les hommes valides ayant été mobilisés. Presque toutes ces alsaciennes ne parlaient que le dialecte ou s'exprimaient très mal en français. Cette ignorance de la langue était un handicap. Quelques heurts surgirent. En particulier au niveau d'une sorte d'infirmière ou assistante sociale - d'ailleurs d'origine alsacienne - qui n'admettait pas que sur le territoire national on ne parlât pas le français.
L'alsacien se ferait trouer pour la France, mais il ne supporte pas qu'on le considère comme un étranger ou surtout qu'on le traite de boche. La réaction ne se fit pas attendre : une des femmes vomit dans son dialecte un flot d'invectives, dans lequel on pouvait relever l'apostrophe « Brisunic-Bibbel », ce qui correspond à peu près à « cocotte du Prisunic » ou « pimbêche de rayon de pacotille ».
Je me souviens également d'un fait regrettable : me promenant avec des garçons de mon âge, nous passâmes devant un marchand de cartes postales. Par jeu, l'un de mes compagnons me dit : « t'es pas chiche d'en prendre une... ». J'en choisis une délicatement quand le marchand se précipita hors de sa boutique. Je laissais choir la carte qui tomba dans un soupirail. Puis ce fut le drame. « Ce sont des voleurs ! Les réfugiés sont des gredins, ils nous envahissent et nous volent ! »
Un sergent de ville ‘est approché et je me voyais déjà en prison. Un badaud crut bon d'ajouter : « je l'ai vu, monsieur l'agent, il a jeté la carte dans le soupirail ! ». Le marchand disparut, descendit dans sa cave et revint en brandissant l'objet du délit : « Je vous l'avais bien dit, Monsieur l'agent... Tous des voleurs ! » Je ne savais plus. Je n'avais jamais volé de ma vie. J'étais déshonoré. Je trainais longtemps dans mon cœur l'humiliation subie.
Le moment était venu de quitter Périgueux.
L'important convoi fut disloqué et les réfugiés répartis dans toute la Dordogne et l'Indre.
Ma mère nourrissait le fol espoir de retrouver mon père. Lorsqu'elle s'adressa au bureau des réfugiés pour savoir si elle pouvait quitter les départements d'accueil, on lui répondit, non sans ironie : « Si vous avez assez d'argent, vous pouvez aller jusqu'en Amérique, si cela vous plaît ! ». Le sort en était jeté. Avec le peu d'argent qui lui restait, elle se battrait jusqu'au bout. L'important était de gagner Toulon.
Avant de connaître maman, mon père avait épousé une Toulonnaise prénommée Paula, qui mourut en couches un an après. Voilà pourquoi je m'appelle Paul.
Il avait toujours gardé le contact avec ses premiers beaux-parents. Mis pour ma mère l'épreuve était dure. Elle allait demander asile et soutien, précisément à ce vieux couple, au nom de papa. Pour cela, il fallait traverser le sud-ouest en biais et Dieu sait si les liaisons ferroviaires étaient compliquées à l'époque ! Plus qu'aujourd'hui avec, en surcroît, tous les avatars du temps de guerre.
Nous étions des réfugiés, cela se voyait à l'œil nu. Mais nous n'en avions que l'aspect. Plus de carte, plus de titre de transport. Nous étions abandonnés sur le quai de la gare.
C'est pendant cette partie la plus dure du combat mené par ma mère que les anges lui ont été fournis pour le mener à bien.
Elle tenait Pierrot sur son bras, une lourde valise à portée de sa main libre. Sur le reste des bagages, Marguerite et Jeannot étaient assis. Quant à moi, je ne pensais pas, je n'éprouvais rien. J'étais debout, insensible à tout. J'admettais ces gerbes de rails, ces auvents de quais, cette foule de voyageurs qui assaillaient les trains devenus insuffisants du fait du mouvement des troupes. D'ailleurs, les uniformes étaient nombreux dans cette masse grouillante.
Je n'ai, du trajet, qu'un souvenir imprécis. Ma petite mère m'a rafraîchi la mémoire sur quelques points particuliers :
En gare de Brive-la -Gaillarde, nous errions dans la salle d'attente, passant devant les voyageurs assis sur les bancs de bois. Dans un coin, ma mère tenait le plus jeune sur les genoux, entourée de tout ce que nous traînions avec nous depuis le départ.
Nous offrions sans doute l'image d'enfants épuisés, graves, les yeux agrandis par l'étonnement, avec, au fond, un peu de résignation et de détresse. Une dame se leva et nous donna, à chacun, un morceau de tarte. De son coin, maman suivait la scène, émue sans doute par le geste de la dame, mais déchirée par le triste tableau que nous présentions et qui devait inspirer la pitié.
La dame le comprit. Elle s'approcha d'elle et lui dit : « Vos enfants ne m'ont rien demandé, Madame, et cela me fait tant plaisir de partager mon gâteau. Et surtout, Madame, je n'ai pas voulu vous humilier. »
Le réconfort devrait couler sur le cœur comme un baume. Alors pourquoi le cœur se serre t il si fort chaque fois ?
A Toulouse, maman voulut acheter, au buffet de la Gare, quelques tasses de café pour réchauffer la marmaille. La servante lui dit avec un beau sourire : « prenez donc un litre, cela ne coûte guère plus et vous en aurez pour le voyage. » L'idée était bonne. Au moment de payer, maman voulut ajouter le « service ». Pas plus que ce qu'elle pouvait donner, mais suffisamment pour honorer le travail de la serveuse. Celle-ci refusa, émue : « Oh non, Madame, je m'en voudrais de prendre l'argent d'une réfugiée... »
En gare de Tarascon, nous progressions sur le quai comme dans un rêve. La foule était si dense que nous n'arrivions pas à nous approcher du train qui était déjà bondé (c'était le Bordeaux-Vintimille). C'était l'empoignade égoïste qu'engendre la guerre.
Soudain, un groupe de soldats, abandonnant faisceaux et sacs, fendit la foule en hurlant : « Alors, vous allez laisser passer cette femme avec ses gosses ? Allez, dégagez ! Reculez ! Et vous, Madame, avancez, nous vous trouverons une place... »
Et la mer s'ouvrit comme dans l'exode de la Bible.
A Marseille, où il fallait une fois de plus changer de train, la gare St Charles était bondée. Nous luttions contre le sommeil, debout. Maman n'avait plus de langes et le petit Pierrot avait le cul à l'air.
Une dame, élégante, délicate dans son approche, demanda : « vous n'avez plus de lange pour le petit ? Prenez cette serviette... » C'était une serviette de table damassée, avec un monogramme tissé dans le décor, une pièce riche et de grande valeur.
« - Je ne puis accepter, Madame, ce linge est trop beau pour en faire un lange. Merci pour votre bonté.
- Serait-il encore plus beau, j'insisterais tout de même. Faites-moi l'amitié de l'accepter. Prenez, s'il vous plaît. .. »
C'est ainsi que mon plus jeune frère se trouva emmailloté dans une belle serviette damassée.

Ma mère l'avait conservée longtemps, comme une relique. Je ne sais ce qu'elle est devenue.
Sur le quai, nous étions effondrés sur les bagages, ivres de fatigue. Il aurait fallu nous traîner sur le sol, car nous n'aurions pas fait un pas de plus.
Une fois encore, les soldats vinrent à notre secours. Ils étalèrent leurs manteaux par terre, nous y installèrent confortablement, et nous dormîmes d'un sommeil de plomb, roulés dans des capotes militaires. A 4 heures du matin arriva le train qui devait nous amener à Toulon.
Le train longeait le littoral. La mer, la végétation méditerranéenne, les maisons aux toits plats, les tuiles romaines, tout cela défilait sous nos yeux fatigués.
Toulon. Ceux que nous appelions Pépé et Mémé Arnaud, nous accueillirent comme seuls savent le faire ces vieux Provenciaux fidèles, simples dans leur accueil, généreux dans l'affection qu'ils vous offrent.
Lui nous semblait un peu sévère ; elle était la bonté même.
Ils nous ont gardé pendant plusieurs semaines.
J'allais même à l'école avec ma sœur. Mais le contact était difficile avec ces Toulonnais exubérants, volubiles, bavards et dont l'accent chantait à nos oreilles.
Il l'était surtout parce que nous étions pratiquement des immigrés, marqués par le déracinement, sensibles à l'extrême, susceptibles et prenant la moindre taquinerie pour un geste hostile.
Enfin nous avons eu des nouvelles de notre père. Il était chef de poste radio au fort de Mont-Boron qui domine, à la fois, Nice, La Baie des Anges et la rade de Villefranche.
C'est là que débutèrent les six années qui ont marqué ma vie. Les deux derniers frères et sœurs, Suzy et Jacky, sont nés à Nice. J'ai grandi dans le midi. J'en suis imprégné jusqu'à la moelle des os.
Je suis Alsacien aussi intensément qu'il est possible de l'être.
Je parle de l'Alsace avec enthousiasme, avec chaleur.
Mais, en écoutant bien, vous découvrirez, sous chacun de mes propos, le chant des cigales et l'odeur du thym et de la marjolaine. "


Troisième témoignage, le père, par la dernière fille, tout court....

"Mon père, ce héros au sourire si doux... Je ne sais plus qui avait dit ça!
Donc, mon père, Alsacien de naissance, donc Allemand du fait que l'Alsace avait été annexée au Reich de 1871 à 1918 (Reichsland), était né le 10 août 1901, de père inconnu.
En 1918, après la 1° guerre mondiale, l'Alsace a été restituée à la France. Cette année-là, pour fuir l'emprise allemande qui, malgré de nouveau française, était pesante, il s'est engagé dans la marine française comme mousse. Ne parlant pas le français, les gradés de la marine lui ont dit qu'ils ne feraient rien de lui. Mais il s'est battu et a réussi à parler le français, même sans accent. Il termina sa carrière comme 1° maître (plus haut grade des sous-officiers).
Carrière bien remplie dans les sous-marins en tant que radio dans cette branche-là. Bien remplie dans le sud de la France, à Tahiti, Papeete, Algérie, puis de nouveau Toulon.
En 1932 tout son équipage a été rescapé de justesse. Le sous-marin est resté coincé pendant de longues heures, ce qui a engendré une ambiance d'amitié de la part de ses collègues. Tous se sont donné la main. Le sous-marin a pu être dégagé (je ne sais pas comment) et ils ont pu continuer leur voyage.
Pendant la 2° guerre mondiale, sa base était installée à Toulon. Petit détail (je ne sais pas si tu dois en parler). Mon père ayant un coeur plus gros qu'une maison a trouvé une gamine juive perdue. Il, en accord avec maman, a hébergé cette petite malheureuse, ce qui a failli lui coûter la vie. Quelqu'un l'a dénoncé. La police française est donc venue voulant le tuer. Mon père a prouvé qu'il était bien français par le drapeau français qu'il avait, ayant été lui-même porte-drapeau. Soulagement +++!!!
Puis après 1945, retraite de la marine. Il entra dans les enquêtes économiques où il a terminé comme commissaire principal.
Il a fallu du courage de sa part mais aussi de maman qui avec 6 enfants était seule avec eux 6 mois sur 12 du fait que le sous-marin partait pendant 6 mois d'affilée.

Voilà, c'est tout ce que je sais. Guite n'en sais pas beaucoup plus"


Klaus, c'était tout ça pour moi, et c'est un effet étrange de relier ce nom, déjà porteur de tant d'Histoire à un présent à la faveur d'une bougie et d'une radio. Comme le temps dont on fermerait la boucle, comme on boucle une valise, valise qu'était prête à boucler pendant cette tempête, comme un réflexe atavique, la dernière fille qui témoigne.
Klaus....



Par ganja - Publié dans : en vrac
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Samedi 24 janvier 2009


Ne serait-ce que parce que la dernière fois que j'ai mis un titre comme ça, mon BR a grimpé de 5 à 29.... Si je veux faire un blog à dénonciations, va falloir que le BR monte, prêcher des convaincus, c'est moyen...
De 5 à 29 sur un titre....Qu'on vienne encore me dire qu'il y a pas que le cul qui intéresse....

Histoire d'une jeune fille, tombée amoureuse, c'est l'homme de sa vie, c'est beau comme tout. Elle a eu une enfance vaguement cahotique, suffisamment pour que encore une semaine avant de rencontrer ce type là, elle avait banni à jamais toute idée de faire des enfants, par peur de reproduire sa propre enfance, elle se voyait enfermer les môme dans le grenier, elle se voyait leur taper dessus, tout ça... Pis finalement, non, elle a rencontré l'homme de sa vie, pis ces idées là lui sont passées, si ça se trouve, si, dans quelques années, elle voudrait des enfants. Elle était intarissable, ce jour là, elle l'aime c'est sûr.
De bi-volage à souhait aidant à la défloraison de jeunes hommes tout juste sortis des boutons, faisant rougir les professeures de lettre à lunettes, elle aurait défroqué les prêtresses, elle voulait me défroquer aussi, mais je suis une sainte, tout le monde le sait, elle passa donc à son homme, rien que son homme, en huit jours elle avait contacté tout le monde, ne m'appellez plus pour le lit, je l'aime. Elle était belle comme le jour. :-)

Qu'on m'explique, surtout vous messieurs, ce que vous avez foutu pendant toutes ces années pour que cette fille en arrive à m'avouer que puisqu'elle l'aime, elle voudrait savoir lui faire ce cadeau-là à son homme, le "masturber", j'aime pas ce mot, il dit pas ce qu'elle voulait faire, alors je lui ai demandé "lui faire l'amour de tes dix doigts et de tes lèvres avant de lui faire l'amour tout court ?". - Ouais, je sais pas ce qu'il faut faire, et je sais pas à qui demander.
Je répète, qu'est-ce que vous avez foutu toutes ces années ? Elle si volage, elle vous a rencontrés, elle s'est offerte à vous, comment n'avait elle jamais été déflorée de cela ?
Faudrait ouvrir des écoles, ou plus de hamman, ou arrêter les tabous à la con...
J'étais assise au piano, t'expliquer, lui disais-je, je vais avoir du mal, tu sais jouer de la guitare, tu l'as au bout de tes doigts, tu sais quand la corde répond très exactement à la caresse de tes doigts ? Tu sais ça toi, je t'ai entendue jouer. Elle a souri, oui, elle savait. Tu sais, quand elle répond très exactement à la caresse de tes doigts et que ce qui sort te fait grouiller le ventre, te fait commencer à balancer doucement ? Tu sais ça, je t'ai vu jouer :-) Elle a souri, elle a fait oui. Je continuais à jouer le piano, lui expliquant en effleurant de plus en plus doucement le clavier, comme une caresse, elle m'attendrissait, tu vois mes mains ? Ouais. :-) tu vois le clavier ? Eh ben ton homme, c'est pas un clavier, le clavier, c'est touche par touche pour faire un son, ton homme, c'est millimètre carré de peau par millimètre carré de peau que les notes vont sortir, frissson par frisson tu vas l'aimer, l'écouter, apprendre ce qu'il aime, et apprendre du bout des doigts à jouer sur ce qu'il aime le plus, elles sont belles ces notes là, de la peau qui frissonne, aime le, apprends le, écoute les notes, les notes, c'est lui qui dit je t'aime, et les mains se levèrent du clavier pour caresser ce corps invisible qui prenait vie, pour aller chercher en douceur les brins d'herbe à caresser, cueillir quelques pâquerettes de ci de là sur le chemin, suivre le chemin, passer par les tours et les détours pour aller faire éclore la fleur au trésor, là, regarde, ils sont tous différents, mais y a des petits endroits, tiens comme celui là, essaye du bout des doigts, si celui là réagit, embrasse le, doucement, mordille le, doucement, descend un peu, descend encore mais arf, non pas encore, c'est bien là bas, remonte, fais un détour pour l'embrasser, redessine cette courbe là........... Quand je la revis, elle avait fait l'amour de ses doigts  des caresses que j'aurais faites à un quelqu'un que j'aurais aimé, et auquel j'aurais fait ce merveilleux cadeau qu'elle souhaitait faire à son homme, l'emmener au paroxysme du désir en l'aimant petit bout par petit bout, je lui avais enseigné comment j'aurais appris à aimer, et elle l'aima, et m'en remercia quelques semaines plus tard.  
Et quand mes mains se reposèrent sur le clavier, je venais d'apprendre à t'aimer, et je sus cette fois que PJ Harvey n'avait jamais désiré, avait toujours simulé.... Je restais silencieuse à regarder par la fenêtre l'horizon lointain, elle respecta ce bon quart d'heure de silence, puis je la ramenais chez elle et aucune voix n'aurait pu couvrir la mienne, un gouffre sans fond que je balançais au pare brise, hurler jusqu'à l'horizon...Is he near, is he far, bring peace to my naked empty heart.... 

"divertis moi
- comptabilité des entreprises ou celle des associations ? Guso ?"

Je suis une conne

Oui mais sincère
Oui mais une conne
Ta gueule

J'écris ces mots et la tempête se lève, je l'ai attendue toute la nuit
De rien ma grande, c'était un plaisir....:-) Je lutterai pour l'ouverture des hammam, c'est juré. Les hammam, parce que les femmes apprennent avec les femmes dans les hammam, y en a pas partout des hammam...

C'est bon, on est à 35 là, on va pouvoir se faire au moins la vente de Kouchner avec ça, non ?
Plus fort bordel, plus fort. :-)



Bon week end !



Par ganja - Publié dans : en vrac
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Samedi 24 janvier 2009
à lire au quotidien, ou presque, sinon on est énervé, comme quand on allume la télé sur la 1, enfin sur le reste aussi maintenant, bref, de toute façon je sais que quand vous l'allumez, c'est justepour vous faire une idée.
cliquez là dessus, ne serait ce que parce que la page d'accueil est chouette et réconfortante

Alors après, ou pendant, parce que ça accompagne toujours agréablement la lecture, pis ça fait toujours réfléchir.
Est ce qu'on a de bonnes raisons ? Fuck, bordel et tout ce qu'on veut, oué, j'ai de bonnes raisons
Bref, c'est de la bonne musique, à foutre à fond

ça pète, c'est frais ça gueule, ça réfléchit, ça synthétise

Par ganja - Publié dans : en vrac
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