Lundi 8 juin 2009
Je m'abstiens ce matin, mon cher pays de te dire la lassitude qui m'envahit en découvrant le nombre de ceux qui n'ont pas pris la peine de jouir de ce simple droit si précieux que le simple privilège de vivre dans une démocratie nous accorde : le droit de vote.
Je m'abstiens de dire la tristesse qui m'envahit à ce constat : plus de la moitié des détenteurs d'une carte d'électeur dans mon pays se fout allègrement du monde dans lequel grandiront nos enfants.
Je m'abstiens d'essayer de trouver une réponse aux centaines de questions qui m'envahissent en comparant la participation massive de mes compatriotes aux défilés revendicatifs du mois de mai et le silence qui suit aux élections.
Non il n'y avait aucun vote possible en ce dimanche pour que tout le monde puisse gagner 2000 euros par mois, pour que le chômage s'arrête d'un bulletin, pour que les pourris du monde deviennent d'un coup d'un seul intègres et généreux, non y avait pas moyen de voter pour que tous les gamins du monde arrêtent de crever la dalle des détournements des richesses, non plus pour que toutes les têtes blondes du monde aient accès à une école libre et juste, non y avait aucun vote possible pour faire taire d'un coup d'un seul tous les canons de la planète, je sais.

Mais merde, y avait moyen de l'ouvrir hier, sur le monde que l'on ne veut pas et d'appuyer un peu une marche vers celui dont on rêverait et qui ne devrait pas être impossible de créer....

Dans les semaines qui ont précédé, on l'a eu à toutes les sauces, l'anniversaire de la place Tiananmen, Long Meng, étudiant révolutionnaire qui avait 20 ans à l'époque dit ceci aujourd'hui "

« je trouve que rêve, dream, sont des mots magnifiques, on en parlait souvent sur la place « c’est quoi ton rêve ? ». On rêvait de pouvoir choisir nos dirigeants, notre gouvernement, d’être libres de nos mouvements, de choisir notre travail, de choisir notre manière de vivre, de nous exprimer librement, mais ce rêve ne s’est jamais réalisé. Qu’avons-nous le droit de faire en Chine aujourd’hui ? On peut en toute liberté manger, boire, aller aux putes, jouer de l’argent, tromper des gens et voler. Mais nous n’avons pas de liberté de penser, ni d’agir. On est encore très loin d’une société moderne »


Quand j'avais relevé ça, je me disais

Aux urnes, européens, nous c’est pas un rêve, on est censés l’avoir ce rêve, et il est en train de nous passer méchamment sous le nez……


Il va nous passer sous le nez, et franchement, ce matin, j'ai l'impression qu'on l'aura bien cherché....

Photo copyright Floutchy


La crise fatigue, la galère exténue petit à petit, c'est tuant de gueuler, je sais. Eh mon peuple, tu te résignes ? Tu t'habitues à galérer, ptêt ? A la rigueur, je peux le comprendre, mais bordel, galérer sur une planète qui crève, sur les déserts qui avancent, sur les forêts qu'on détruit, faire rouler les bagnoles avec des carburants qui privent des milliers de gosses de cultures dont ils pourraient se nourrir, tout en continuant à remplir les poches d'immondes connards, tout ça quoi, ça vous fait rien ?????????????????

Y avait de la rage et de l'énergie et de l'espoir en mai, où elle est ?
La porte de la paix céleste, il paraît que c'est cela que veut dire Tiananmen.
La paix céleste... Tous les jours je regarde mon ciel, la paix céleste, comme le vol de la buse qui s'amuse au ptit matin avec les courants d'air, ce ciel dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est de plus en plus dur de le respirer sans un masque, dont tout le monde s'accorde à dire qu'il rend de plus en plus malades des gens qui auront de moins en moins les moyens de se soigner, ce ciel dont tout le monde s'accorde à dire que c'est moins cool quand il est pourvoyeur de cyclones destructeurs à répétition que de pluies bienfaisantes sur les champs nourriciers.....

On avait pas que notre pouvoir d'achat à défendre, on avait aussi notre terre à défendre, et je ne peux pas croire que la moitié de mon pays oublie que ce qui peut se faire dans un Bruxelles et un Strasbourg peut être IMPORTANT.
Pourquoi vous avez pas voté ?
Je comprends pas.
Je comprends pas.
Je comprends pas.

En vert, pas comme du verdâtre amer, on va dire vert comme l'espoir, hein ? on va dire ça, vert comme l'espoir et comme les poumons de la terre........







Par ganja - Publié dans : en vrac
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Vendredi 5 juin 2009

Musique, adonf de good vibes, comme ils disent :  Max et les ponchos équitables

 

Lol, le bonobo, avenir de l’homme….excellent mec

 

J’ai joué avec un hétéro averti qui clame haut et fort « je n’aime pas les pédés » et qui traite sa femme d’éléphant, j’ai rencontré une lesbienne qui rêve de double pénétration, et qui clame haut et fort que le sexe d’un homme la dégoûte, et rêve de trouver la fille adéquate pour cette double pénétration, j’ai rencontré un homosexuel qui ne désire aucune fille, sauf en cas de manque ultime de sexe, mais il est en dépression nerveuse grave….J’ai rencontré une chanteuse qui n’aimait pas, elle, tout un tas de choses, qui voulait prendre son pied et qui ne le prenait pas et qui ne supportait pas que les autres le prennent, oh oui, le bonobo avenir de l’homme.

J’aime pas, j’aime pas, j’aime pas, j’aime pas

Je rêve d’un monde où les hommes aiment, disent qu’ils aiment, prennent simplement du plaisir à aimer et à désirer, et se pourrissent pas la vie pour des conneries….L’homme, l’espèce à l’amour et au sexe compliqués….

Alors avec l’invité qui n’avait encore rien dit de ce qu’il n’aimait pas, on joué du didgeridoo et on a chanté. Lol, c’est énorme un didgeridoo, et d’une profondeur…. maaaaaaaah 

 

Les autres morceaux sont à écouter aussi

Max Caviar et les ponchos équitables


Par ganja - Publié dans : du coeur
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Mercredi 3 juin 2009
Un sms anonyme, un n° inconnu, un prénom, inventé, surement, celui d'hier soir disait bonne nuit et bisoux. Tiens, salut, pense t on, sourire amusé. Je regardais la retrospective de tien anmen, à ce sms "ami", on repondrait volontiers, tiens, salut, tu dors pas ? Tu t'en souviens, toi, de ce massacre ? t'avais quel âge, toi, quand c'est arrivé, ça représente quoi dans ta pensée ? Puisque tu me demandais mon âge, l'autre jour, j'ai un âge où ces évenements avaient marqué ma mémoire à jamais, comme la libération de mandela, comme la chute du mur, comme plein d'autres choses à cette époque. Je me souviens de l'espoir quand les soldats avaient chanté avec les manifestants, et je me souviens de l'horreur de ce virage en épingle, la fin de l'espoir, la fin de l'élan de millions de personnes qui ne rêvaient que de liberté, merci pour ce bonne nuit, tu vas dormir toi ? Moi je vais aller regarder un peu les étoiles, pour ne pas me coucher avec ces pensées là et m'assurer un rien de sommeil"
Trop hard de n'en écrire ne serait-ce qu'un cinquième, alors on repond juste "A toi aussi".

Le sms du dimanche disait "tu as fait quoi toi ?"
J'ai répondu que j'avais laissé passer le temps, que j'avais aimé toute la journée, et profité du soleil, juste le fond dans son plus simple appareil, le reste est bien trop long à taper en sms
"j'ai regardé les chairs de la jambe de mon fils, j'ai regardé cette plaie, je l'ai scrutée, pleine d'inquiétude, je l'ai tamponnée de betadine le plus doucement que je pouvais, en surveillant la douleur dans son regard, en surveillant sa pâleur, j'ai regardé ce muscle à vif, le sang, la lymphe, j'ai tâté, palpé autour à la recherche de la sensation normale au palpage d'un muscle, j'ai trouvé du dur en dessous, je me suis inquiétée encore, j'ai regardé ce filet violet qui s'étendait petit à petit en me demandant si c'était la tronche d'un hématome normal, j'ai refait le pansement, et j'ai fait à manger, mais il n'a pas mangé, il fut pris d'une grosse nausée, alors, je l'ai mis au lit, et j'ai vidé régulièrement la bassine de vomissements, en lui passant une main sur le front à chaque visite, et je lui ai dit "repose-toi". J'ai pris le café msn avec un ami qui a eu la gentillesse de tenter de me rassurer. Il a presque réussi. J'ai répondu au téléphone, j'ai répondu à tous les "coment il va et tu crois que et tu crois pas que, et si jamais ceci et si jamais cela de tous ces proches du gamin qui viennent se faire rassurer et qui vous recollent une dose d'inquiétude en échange. Et dans le même temps, j'ai laissé passer le temps, j'ai profité du soleil et je le laissais partir ce soleil du fin fond du coeur toute la journée à celui que j'ai aimé toute la journée aussi, un ami "

Tu es poète, envoie moi une déclaration d'amour pour que je vois si c'est bien, ai-je reçu en réponse.
Très cher 061246-truc, ou très chère Cindy, la déclaration que tu envoyais dans ce tout premier sms arrivé chez moi un soir est parfaite, je ne ferais pas mieux " tu es bien mon ange, je t'aime, bisoux".
C'est bien ce qu'on dit simplement à celui ou celle qu'on aime.
Il est où ton ange à toi ? me demande t on encore
Au fond de mon coeur, là où j'ai laissé ce coeur, un endroit où les déclarations d'amour ne se font pas par sms, ni par téléphone, ni par courrier, un endroit si loin des yeux que le regard se porte à l'infini, un endroit hors de la portée de la voix, alors on se tait ou bien on chante et l'on joue jusqu'au ciel, des déclarations d'amour, des déclarations d'ami qui s'élèvent en prière.

Cher abonné du 061246-truc, chère Cindy, j'aime bien comme tu balances le soleil en souriant par sms, profite bien de ce droit là, et que ton printemps soit joyeux, et que ton ange puisse se réjouir de ton amour.

On peut pas, enfin moi en tout cas, je suis pas équipée pour, balancer de musique en sms, alors tiens, elle pour toi.
Elle est pour toi aussi, mon cher ami, cher amour, mon si cher Toi.

Je découvre le titre... sourire, il s'appelle where we used to live


Ce dimanche avait cette couleur là ce rythme là ce regard là cette chaleur là d'une journée exceptionnelle d'été, de paix, d'émotion, de douceur, de simplicité, et de musique.
Par ganja - Publié dans : du coeur
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Samedi 23 mai 2009
Il est arrivé hier soir, le petit l'a prévenu "fais gaffe, elle a dit qu'elle allait te faire bosser"
Alors je l'ai fait bosser, lui ai dit que ma dernière raison de vivre, mon seul but hormis de mener son fils à l'âge d'homme sans trop de dommage, c'était de jouer ce morceau et que sans lui, je n'avais aucune chance.
Il a rigolé, et s'est mis au travail en me maudissant, mais se laissant porter par la passion de découvrir le mystère d'une harmonie qui ne tombe pas sous le sens, qui surprend, il emprunta des labyrinthes de de quartes cachées, de sixièmes magiques, les 11, les neufs, comme des chemins qui coulent, qui vous laissent vous pencher dans les virages, mais qui ne révèlent leur sortie qu'en les regardant au microscope, et pendant que je ne me fiais qu'à mes feuilles vibrantes pour apprendre le chemin, il travaillait et me laissait découvrir une des multiples explications de leur magie : les chiffres, les formules, la raison.
Marrant, il a toujours eu horreur des maths, j'ai toujours aimé ça.
Il a toujours dit qu'il ne voualit pas apprendre la théorie musicale, il la connait. L'utilise, la recherche facilement, pendant que je l'apprends avec bonheur, et profite de son expérience tout en continuant à jouer à l'instinct et à la feuille....Rire.
Ivoire est donc un joli morceau, de partout.
Il s'endormit épuisé après avoir décrypté à peine un cinquième du morceau....

Unis à vie pour avoir donné vie à la plus merveilleuse et la plus fragile créature de la terre....Des bribes de communion par petits bouts de quelques jours sur ce qui continuera à nous rassembler toujours.

Et il s'est endormi en pleine après-midi, épuisé par une nuit de travail, et une demi journée d'un gamin plein d'énergie.

Du sommeil du juste plein la maison, un grand sur un canapé, un petit en haut dans un lit et des chats, disséminés un peu partout sur les rebords de fenêtre et aux pieds des dormeurs...
Un instant de sérénité.

Alors j'écoute Grace Potter et Joe Satriani en repensant à cette discussion idiote sur la musique et les drogues et les pseudos artistes et les pseudos fous, et "les drogués c'est tous des..." et les contre et les pour, en repensant à ma chanteuse qui chantait pas, en repensant à cette guitare qui vibrait, échos de basse à la guitare qui vibre, écho de guitare à la basse qui vibre, et une chanteuse qui chantait pas, j'écoute en oubliant petit à petit, en repensant simplement que j'aime la musique comme j'aime la vie, et qu'elle est intense. Toujours.

Et quand mon journal virtuel me reparle des 1.6 millions de personnes irradiées par les 456 bombes atomiques que les Soviétiques ont fait exploser entre 1949 et 1989 pour s'assurer qu'ils pouvaient être les maîtres du monde, je n'ai pas la nausée, juste la gorge serrée et une larme qui coule.

Vas-y Grace, gueule encore, vas-y Joe.... Juste faire exploser l'Envie.
Quelle que soit la façon, et que gagne la Vie.





Par ganja - Publié dans : du coeur
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Mardi 19 mai 2009
"Ah ouai je te jure que des fois quand t'es un mec et que tu vois ta copine et ta fille ensemble tu te demandes à quoi tu serts la vache mdr!!!"

Tu leur autorises une chose précieuse, la fragilité
Par ganja - Publié dans : en vrac
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