Dimanche 6 décembre 2009 7 06 12 2009 13:43
Je viens de lire ce poème, devoir manqué....

Il me rappelle une discussion avec mon voisin.
Dans cet horrible bouquin à la con qui s'appelait "plateforme", j'avais trouvé cette phrase, et elle m'avait tourné dans la tête pendant des semaines : "les gens trainent leur progéniture comme un boulet, comme un poids terrible qui entrave le moindre de leur mouvement - et qui finit la plupart du temps, effectivement, par les tuer", et je traitais intérieurement Houellebecq de connard qui n'avait rien compris, de péteux, de merdeux, je lui sortais tous les noms d'oiseau que je connaissais, je lui en voulais de colporter une idée à la con pareille, et je rêvais de lui raconter à quel point non, mec, c'est le contraire... En tout cas chez moi, ça ressemblait au contraire, l'enfant me tire en avant chaque jour, me maintient en éveil, me garde vivantes des forces, des volontés, des ouvertures, des patiences, des raisons, des tendresses, des révolutions, des consciences pour le futur  qui se seraient probablement endormies sans lui, bref, pour moi Houellebcq était un con si il était passé à côté de ça.... Il me foutait dans une rage dingue, et en me^me temps, vivant dans une région semi désertique, je me demandais si par hasard, les gens ne ressentaient pas les choses comme lui et simplement je ne le saurais pas....
Quand le voisin est arrivé, je lui ai sauté dessus avec ce bouquin, l'urgence, j'avais besoin d'un avis et il allait me le donner.
Mais le voisin à l'écoute de cette phrase, et du paragraphe qui le précédait, me remonta son souvenir de ses passages dans les supermarchés, où il constatait la même chose, son souvenir d'une ex qui avait un enfant, il constatait la même chose....Alors j'ai refermé le bouquin, j'ai foutu la paix au voisin avec ça, et pisqu'il était venu m'aider à répéter, ben j'ai fait pleurer la guitare.

Aujourd'hui je lis ce poème, et je lis cette rage, et je crois que cette rage me met encore plus en rage que ce qui enrage le poète. Je crois que ce que j'attends de ce poète quand il assiste à une scène pareille, c'est qu'il offre à cette mère ce qui apparemment lui fait trop défaut pour qu'elle puisse l'offrir à sa fille qui s'étale : de la tendresse. Si elle en a plus assez en réserve, c'est ptêt qu'elle-même n'en reçoit pas assez, alors fuck, quand on constate un manque d'attention, un manque de tendresse, un manque d'amour, plutôt que de partir la bave en ébullition au bord des lèvres et de cracher la rage, parle à cette femme, poète, et aide la sinon je crois que tu manques aussi à ton devoir.

C'est compliqué d'offrir de la tendresse quand on en reçoit pas, pourquoi serait-ce moins compliqué pour cette femme que pour toi, poète ?

Try a little tenderness (Clic et mets le son à fond)
Par ganja - Publié dans : en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 21 novembre 2009 6 21 11 2009 15:24
Elle a demandé si j'avais eu des retours, y en avait pas, elle m'a demandé de fermer le blog, avant qu'il y en ait de ceux qui lui feraient mal.

edit : sauf que je découvre à l'instant un commentaire, peut-être qu'il peut lui faire changer d'avis. MERCI.




Par ganja - Publié dans : je voudrais vous parler d'eux
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 15 novembre 2009 7 15 11 2009 16:57
Sur la platine depuis 9 heures ce matin, en boucle....
J'ouvre et referme Word, laissant sortir et sortir et sortir encore tout ce qui fait que je me suis levée en me promettant de me coucher ce soir porte verrouillée, téléphone débranché, filtrage à jamais de ce que je pourrais laisser entrer chez moi ou pas.
Il est des folies noires qui vous entraineraient presque si on y faisait pas gaffe.
Au fur et à mesure, j'augmente le son, et je finis cette journée musique à fond, fenêtres grandes ouvertes et porte toujours pas prête à se faire fermer à clef.
Et de cette peur qui sait clouer les voix "la peur sait clouer nos voix comme les hommes ont su clouer d'autres hommes sur des croix" (signé B. La Colline aux Cigales) je suis passée par la colère qui chasse la peur, pour finir par accueillir la lumière du couchant en chantant toute la patate de lumière qui explose alors.
Toute la force de tout l'amour de tout qui supporte plus les chapes de plomb et qui demande qu'à sortir décuplée par tous les empêchements.
Et on finit dans une folie simplement euphorique, tout vous revient en mémoire, souvenir de soi-même qu'on se reprend comme une claque de bonheur violent, de ceux qu'on refile en congas ou en basse en dansant, parce que les mots... bah les mots.
Musique !

Merci Ray, merci Word, merci le monde, merci l'amour.


Lumière
, et à fond


Par ganja - Publié dans : en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 13 novembre 2009 5 13 11 2009 11:33


Elle écrit des poèmes, moi pas
Elle n'a pas d'ordinateur, moi si
Elle ne sait pas faire un blog, moi si
On la croise parfois dans le village ou plutôt un peu en dehors, sur les chemins qui bordent les prés, elle marche, avec un bâton de marche, elle marche vite et en silence, seule.
Quand elle nous reconnaît au loin, elle lève la tête pour que son regard puisse dépasser la visière de sa casquette et elle nous salue de loin. Nous aussi nous marchons, parfois nous ramassons des bâtons, pour en faire des bâtons de marche, mais nous les oublions toujours quand nous sortons, au final, les bâtons de marche, on en a une collection, qui finit par embaumer le coin de  la chambre.
Un jour elle m'a sorti son vieux cahier rouge pour me faire lire ses poèmes.
Comme on avait déjà organisé une soirée "littéraire" et qu'on allait sûrement le refaire, je lui proposais de venir les lire dans cette future soirée. Elle a dit "oh non surement pas", "je veux pas qu'on sache que c'est moi". Les gens ne sont pas toujours très tendres dans les villages, elle le sait mieux que personne.
Je lui ai proposé de lui faire un blog pour publier ses poèmes, parce qu'elle voudrait qu'on les lise, parce qu'elle voudrait des avis, parce qu'elle a encore envie d'en écrire, et que ça fait longtemps qu'elle n'a plus ouvert son cahier rouge pour y rajouter des lignes.
Son cahier rouge lui servait de bâton de marche pour la vie, et elle a besoin d'encouragements pour le reprendre, et d'avis, pour progresser.
Je vous invite donc, si vous voulez bien, à aller visiter son blog, et à lui laisser des commentaires.
Merci pour elle. 


Par ganja - Publié dans : je voudrais vous parler d'eux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 30 octobre 2009 5 30 10 2009 12:32


Je faisais mon tour des blogs du matin et trouvais un blog fermé, un blog en pause, un blog où il faut dorénavant faire partie d'un cercle pour entrer, et un blog qui rappelait l'implacable fermeture de l'amour à l'usage de la mauvaise clef.
L'un d'eux avant de fermer avait écrit quelque chose autour des fleurs...offrir des fleurs.

Un tag qui circulait un moment sur la blogosphère demandait d'ouvrir le bouquin qu'on était en train de lire à la page telle et d'en recopier des mots.
Je me contentais ce matin de prendre le premier bouquin dans la bibliothèque, de l'ouvrir au hasard, et j'y trouvais ces mots, et j'ai beaucoup aimé l'image :
 
"Les vases de la cheminée étaient remplacés par des candélabres, afin sans doute de m'ôter le plaisir de les remplir de fleurs"
Balzac - le lys dans la vallée

Heureusement, sur ces blogs, on n'écrit pas pour recevoir des fleurs, mais plus souvent pour en exprimer, mais on en reçoit, et les commentateurs et trices qui viennent les bras chargés de fleurs doivent se retrouver un peu démunis ce matin.

On dit du lys blanc qu'il incarne la pureté, la modestie et la gentillesse. Pour la pureté, j'en sais rien, mais le blog fermé avait pour lui la modestie et la gentillesse. Belle fleur pour clore cet hommage.

Par ganja - Publié dans : en vrac
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés