Présentation

Vendredi 16 mai 2008
Quand j'ai eu cherché tout autour de la machine, même dans les recoins déjà explorés 50 fois ces derniers mois, et que non, sans déconner, y avait pas un pet de n° de série sur cette saloperie de machine, mais avec un modèle et une marque il devrait bien avoir un panel de pièces appelée "amortisseur" à me présenter, j'y retrouverais la mienne, c'est pourtant pas compliqué, si ?, il a fini par me dire qu'il valait mieux que mon mari rappelle le soir quand il serait rentré, il trouvera surement le n° de série.
Connard.

Femme

;-)





par ganja publié dans : en vrac
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Vendredi 16 mai 2008
Fin de repas.
"Maman, il dort le nuit, le bébé quand il est dans le ventre ?
- Ouais ça dort, mais pas forcément la nuit, il s'en fout lui du jour ou de la nuit, il voit pas que le soleil se couche ou se lève, lui... D'ailleurs en général, il attend la nuit pour se réveiller et faire des galipettes, quand la mère est bien peinarde le ventre est bien detendu, alors il profite pour s'étirer, c'est plus peinard, il a toute la place
- hihi, c'est vrai, il fout le souk, comme ça, il toque dans le ventre "houhou, c'est mo j'dors pas, ouhou là haut, qu'ess tu fous" ???

Au départ, ça répond juste à une question.
Et puis au fur et à mesure des questions et des réponses, on sent tout doucement qu'on s'installe un peu plus peinard sur la chaise, il sourit.
Subrepticement, la tête se penche sur le côté, à peine, juste pour que le rayon du regard puisse caresser son visage de ses cheveux en bataille au bas de sa joue. Si elle restait droite, ce regard ne serait qu'une main posée sur la tête.
Et on le regarde alors avec les yeux qui retrouvent un bout de ces ptites rides  sur les côtés, celles que ces nouilles de gonzesses se font remplir de Botox, parce qu'elles ne veulent pas de leur âge. Bandes de nazes, j'espère qu'un jour elles comprendront à quel point elles sont belles celles-là, ce sont les rides d'amour, les traces des sourires, les traces des yeux qui mouillent, les traces du bonheur. Comment peut-on vouloir s'en débarrasser et préferer un visage lisse ?
Petit à petit, on appuie un peu plus le dos au dossier, et inconsciemment tout en racontant les saltos dans l'eau du bébé qui fout le souk quand tout le monde veut dormir, la main délaisse le mug de café, elle descend, se pose sur ce ventre qui d'aise s'est arrondi, un geste naturel, comme si on était né avec et qui apparemment ne s'effacera jamais, même après autant d'années, c'est un geste parfait, et c'est dès la première fois qu'il l'était. C'est quand on va pour prendre la tasse de café qu'on se cherche sa main, sourire surpris et amusé de la retrouver là.
Femme.

En fond, y avait Susheela Raman, femme elle aussi, jusqu'au bout de tout


par ganja publié dans : pour les ptits bouts d'cul
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Samedi 10 mai 2008



J'ai vu son père aujourd'hui, lui aussi sans gêne, il a commencé par vouloir re-trousser madame, a abandonné l'idée quand il a compris qu'elle était pas franchement d'humeur "non mais sans déconner, tu m'abandonnes avec deux crève la faim et t'as le culot d'y revenir alors qu'ils sont même pas sevrés ???? Non mais ça va ouais ??? DEHOOOOOOOOOOORS !!!!! " Elle a un caractère de chien jvous dis.
Pas impressionné pour deux sous, il est sorti la tête haute et la queue basse, s'est alors assis au coin de la maison, attendant que tout le monde soit couché, pis il est rerentré pour lui piquer ses croquettes, une vraie famille de pique-assiette !
En tout cas, c'est son portrait craché ce petit, les chats font pas des chiens hein...
Mais qu'est-ce qu'on va en faire de ce ptit là ?
Bah il bossera au Mac Do, entre un bout de pain mou et trois rondelles d'oignons, on y verra que du feu :-)
Je déconne....
Mais dans les hauts faits de résistance qui trainent chez mes aieux (ben oué, c'était le 8 mai, les réminiscences de "la vraie France, la France éternelle", va bien falloir les ressortir, c'est tout ce qu'on a pour planquer les exactions qu'on commettait un peu plus bas, là-bas. Ça me rappelle encore ces vacances là-haut... J'y ai croisé une historienne allemande qui bosse dans un mémorial de la shoah ; en ce moment, elle fait une thèse sur Oradour sur Glane, quand j'y étais, elle était plongée dans les entretiens qu'elle menait avec les tout derniers survivants, très intéressant de constater comme les survivants ont traîné un sentiment de culpabilité jusqu'à aujourd'hui, juste pour avoir survécu... bref, lors d'une discussion sur les mea culpa des pays où je risquais que ça ne coûterait pas grand chose d'admettre officiellement qu'on a été plus que chiens en Algérie, voire de demander pardon, elle me rappella que chez elle, on n'a parlé officiellement du 8 mai en reconnaissant publiquement l'Histoire qu'à partir de la chute du mur, jamais avant...) donc dans les hauts faits de résistance, il y eut un civet de chat servi à l'occupant en guise de lapin.
Toujours trouvé ça très drôle.:-) Oué je sais, on a pas forcément tous le même humour....

Voilà, lui là-haut, c'est le borgne, en bas, c'est son frangin.


Parfois quand je le regarde dormir, j'arrive à avoir sommeil.

Un bout de frères Jacques ?
Allez !



par ganja publié dans : en vrac
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Samedi 3 mai 2008


Elle est arrivée l'an dernier, pas finie, tout juste adolescente, mais déà bien grande gueule, avec une assurance rare, un maaaaaaaaou insistant à la fenêtre, les deux pattes avant poussant  le battant, je veux entrer c'est chez moi, alleeeeeeeez sois pas rat, laisse moi entrer quoi !
J'avais ouvert au milieu de la nuit, autant pour avoir la paix que parce que je ne sais pas ne pas ouvrir, on l'avait nourrie, dépucée, détiquée, accueillie, on avait racheté des croquettes, de la litière, le ptit était joyeux à l'idée de retrouver un matou qui allait effacer les souvenirs des précédents.
Mais pouf, une petite visite le lendemain, elle était repartie, tchao cow boy solitaire, bonne route !

Elle est revenue mercredi, même assurance, me^me insistance, mais elle est adulte aujourd'hui. On a ressorti l'anti puce, l'anti tique, la brosse, les croquettes, elle semblait vouloir rester cette fois. En la caressant, je la trouvait un rien le ventre dur et gonflé, les mamelles pleines. Regards suspicieux "tu me ferais pas ça, hein ? t'as pas venue accoucher chez moi hein ????". Elle a baissé le regard et on en a plus parlé, elle a pris ses aises, le petit a repris ses bonnes habitudes, a annoncé la nouvelle partout, yeaaaah on a de nouveau un chat !!!!
Vendredi pendant qu'ils étaient vautrés l'un sur l'autre, j'ai appelé le véto "à voter avis elle est enceinte ou elle a accouché ?" Non les mamelles ne sont pas bouffées, non elle est pas abimée de l'arrière, oui, elle mieule, oui, elle a l'air d'avoir mal, oui elle cherche un coin où se poser.... Rendez vous est pris pour le lundi pour l'opérer pour peu qu'elle n'accouche pas d'ici là, et pour peu qu'elle ne soit pas repartie....
Je raccroche et je la regarde, aussi désolée qu'embêtée, mais merde, l'euthanasie de chaton, je peux plus quoi, pis garder la marmaille, jpeux pas, tu peux comprendre ça ?
Elle se lève, vient se frotter un peu, regard implorant, et pis elle remonte se vautrer sur le gamin, et elle pose "regarde, me dit son regard, tu vois comme ça fait une belle photo, regarde, t'aurais pas aimé qu'on t'euthanasie le tien, hein ? Alleeeeeeeeeez quoi, steuplaît quoi".
J'ai soupiré. On verra si t'es toujours dimanche soir ce qu'on fera.
Vers vingt heures, elle est allée à la fenêtre, j'ai ouvert, elle est partie........
A quatre heures du mat, elle miaulait sur le bord, une boule de poils entre les pattes arrières....
J'ai pris la boule de poil et je l'ai présentée au gamin "on l'appelle souris ?" "tu peux plus le tuer, hein dis maman". Non bonhomme, je peux pas...
Pendant que je papotais avec le gnôme, elle cherchait le deuxième et le planquait sous mes fringues sur mon lit, autant dire que ça fait bizarre quand le tas de fringues vous masse le bout des pieds quand on va se coucher.
"tiens bonhomme, voilà souris 2 je crois...."
Elle s'est installé dans la caisse avec les deux ptits, son regard sourit,  elle a compris qu'elle pouvait rester là avec ses ptits, une ptite lueur malicieuse aussi, genre je t'ai bien eue hein...

Je saurai jamais si elle avait compris, ni dans quelle mesure cette compréhension a pu déterminer la date de l'accouchement, mais je la soupçonne réellement d'avoir senti le danger.
Sensation énorme que de voir que c'est chez nous qu'elle choisit comme endroit pour se sentir en sécurité. C'est pas la première à faire ça, je devrais ouvrir un foyer de filles-mères chattes je crois.
Elle est toute noire, les pensées les plus folles vont bon train, entre la magie réelle de notre contact et tout ce que l'on peut y rajouter de légendes, la simple symbolique de la femelle donnant la vie, tout y est, c'est assez magnifique je dois dire...:-)
Je me souviens, j'avais dit que tout ce qu'il manquait dans ce décor, c'était un chat. Y avait eu qu'à demander et il était apparu près du mur. :-) Magique.


Bref, "donne chatons dans deux mois, sevrés tatoués vaccinés, et magiques"


par ganja publié dans : du coeur
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Jeudi 1 mai 2008
Fait beau aujourd'hui, tout est soleil, tout est piaillements joyeux, deux coccinelles qui forniquent près du parterre de muguet qui embaume sous la fenêtre (oué non vous en aurez pas, plus d'appareil photo et je sais toujours pas comment on branche un portable dans l'ordi, vive la technologie, mais puisqu'elle ne vous transmettrait pas le parfum, vous n'avez qu'à vous chercher un brin de muguet chez google, y en a plein), le 1er mai. Ça ressemble à s'y méprendre à un jour de bonheur, mais de toute façon, suffit d'être un peu crédule pour que chaque jour ressemble à un jour de bonheur.
Même moi je m'y laisse prendre. Un "la zone" dans la chaîne, ce coin de ciel bleu et les piafs qui vous plongent quand on ferme les yeux dans des clairières de forêts humides, en cherchant bien on y verrait encore sur le chemin le pas de quelque chevreuil qui sera venu boire au ruisseau aux premières lueurs du lever de soleil.
Oh une mobylette brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr, ah non, on n'est pas dans la forêt....;-)

"la zone" dans la chaîne. J'ai récupéré ça pendant les vacances, on penserait pas comme ça que c'est joyeux, mais le coeur a gardé de l'époque où "les barbares" faisait partie de ma discothèque l'ambiance simple et calme qui régnait alors sur la vie, les couleurs de ce ciel de là bas, une image inoubliable où le noir de l'orage arrivant se faisait éblouir par les rayons persistants, une mini forêt avant la grande route dont chaque essence avait sa couleur, des heures passées à regarder la mosaïque illuminée se faire manger par la colère. Le déluge commençait, je fermais la fenêtre, paisible à l'idée que le sommeil confiant du gamin n'était en rien perturbé par ce coup de gueule, le monde aurait pu s'écrouler, rien n'aurait pu entamer sa tranquilité. Je passais déposer un baiser sur son front et m'asseyais tranquillement avec un bouquin, mais incapable de lire, le sourire passait de la fenêtre éclaboussée à la mine sereine du ptit, et les percus de Lavilliers emportaient mon coeur vers des pays chagrins, vers des pays faciles, vers des pays.... tap-tap-tagadatagadatAP.... dociiiiiiiiiiiles.

"la zone" dans la chaine, y avait pas le temps de choper le reste de l'album, mais les percus font toujours le même effet, le gamin est tranquillement dans un coin du canapé à bouquiner, et rien ne pourrait entamer sa sérénité aujourd'hui.
On n'est pas retourné voir où nous habitions pendant ces vacances, j'ai attendu que l'envie m'en prenne, mais elle n'est pas venue. L'image de l'endroit m'est venue à l'esprit quand "ils" ont tous commencé à me demander si j'allais revivre là haut, ils semblaient surpris que leur question me surprenne, ça ne semblait pas normal de ne pas avoir ça dans les projets. Alors le premier week end, par acquis de conscience, j'ai été voir ce qui pouvait ressembler à une attache, j'ai cherché dans la ville une émotion, j'ai fait le tour des "qui", j'en ai appelé un tard le soir en lui disant que s'il était encore debout à minuit, s'il avait envie, je passerais marcher autour de la cathédrale, si ça le tentait. Au téléphone il a dit oui d'une voix enjouée.
Arriver à la cathédrale me fit presque tomber à genoux nez en l'air tant l'émotion était forte. Pas d'émotion de passé, non, émotion de présent uniquement, chauqe fois nouvelle, jamais moins intense, là, c'était un des "chez moi".
Le pote est arrivé, il était content, et il a dit que ça faisait bizarre de recevoir un coup de fil pareil de la part de quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis onze ans... Onze ans ???????? Ah merde, pardon, je m'étais pas rendue compte.
Non décidément, je n'avais plus rien de spécial à faire là bas.

J'ai encore trouvé dans la semaine une personne que je n'avais rencontrée que quatre ou cinq fois dans toute ma vie, mais que j'aimais profondément, son regard était imprimé dans ma mémoire, je voulais aller saluer ce regard. Je l'ai trouvé dans une maison de retraite, ne restait que lui, ce regard, le reste était sur la fin, il se fermera avant l'été, ce regard, il a souri à ma joie de le revoir, je lui ai fait prendre le goûter, un bout de gateau et trois gorgées de café, j'ai déposé un baiser sur sa joue. Adieu.

En roulant, j'ai demandé au gamin ce qu'il avait pensé de ce passage là, il a répondu que c'était étrange comme endroit, quand on y rentre, on oublie qu'il y a un monde à l'extérieur.... J'ai demandé plus précisément ce qu'il avait pensé de la personne en question, il a répondu en rigolant qu'il était temps d'appeler les pompes funèbres. T'as pas tort, gamin, t'inquiète, c'est dans pas longtemps... Il a juste demandé ensuite si ça fait mal d'être dans cet état, quand il a compris que non, il a rangé l'évènement dans sa base de données : les hommes naissent, vivent et meurent un jour, parfois de maladie, parfois de vieillesse. Ça ne semble pas l'émouvoir plus que ça, c'est un fait parmi tant d'autres, et après avoir assisté à la souffrance d'autres, il semblait content de savoir qu'elle ne souffrirait pas et pourrait s'endormir dans les prochaines semaines juste parce qu'elle accompli tout ce qu'elle avait eu à accomplir dans les années de vie qui lui avaient été imparties.
Philosophie.

Il fait beau aujourd'hui, une journée de bonheur si on y regarde bien. Envie de rien d'autre que de fermer les yeux, me remplir les narines de muguet, les oreilles de percus... Le coeur est gonflé comme jamais, j'avais besoin de toi.



par ganja publié dans : en vrac
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